NOS TRES CHERS ENNEMIS

Nos très chers ennemis,

Nous avons toujours besoin de nos ennemis car ils nous obligent à faire notre devoir. Ils sont le rappel quotidien des obstacles sur notre chemin. Des balises pour se souvenir de notre engagement politique originel : le respect de la parole, des différences et le souci d’aller constamment vers l’autre sans exclusion et sans parti-pris.

Louis Kotra Uregei est de ces hommes-balise. Il trace l’axe à contourner, le discours à éviter, les méthodes à ne pas employer. Il reprend, en s’époumonant, des idées que certains, trop peu nombreux, passent leur vie à combattre.

Le désormais homme-fort de la coalition au pouvoir a bien réussi à se placer. L’un de ses fidèles siège au gouvernement et il peut le briefer avant chaque réunion de collégialité. Il est au bureau du congrès et Président de la commission des sports. Il siège aux conseils d’administration de la BCI et de la SIC. Il se murmure même qu’il sera bientôt candidat à la présidence de cet organisme.

Tout lui réussit, il en demande encore. Son parti n’a, au congrès, que 4 élus sur 54, mais il est présent partout. Depuis plusieurs mois, ses déclarations tonitruantes vont crescendo. Il traite l’ancien président du congrès par intérim Léonard Sam de « marionnette » et il attribue ipso facto l’homologation « vrai ou faux Calédonien » au faciès ou selon ses intérêts du moment.

L’intérêt et le moment. Voilà bien, je crois, les deux choses qui me différencient de cet homme-là. Hier, adversaire historique du patronat il refuse maintenant de voir son USTKE participer à une quelconque marche contre la vie chère et les monopoles. Naguère, adversaire acharné de « l’Etat colonial », le voici assistant benoîtement aux discours du président de la République qu’il trouve désormais « objectif et responsable. »

A la vue de son parcours et de ses prises de position récentes, tout porte à croire pourtant que l’homme n’a pas changé. Il fait toujours du vent, certes. Mais maintenant il le vend au Rassemblement-UMP.

Quelque soit la nature des problèmes des Calédoniens, Louis Kotra Uregei ne s’intéresse finalement qu’à deux choses : rendre ces problèmes terrifiants et nous dire qui en est le responsable. C’était hier l’Etat Français, c’est aujourd’hui Calédonie Ensemble, ce sera demain quelqu’un d’autre. Tant qu’il gagne, il continuera de jouer et, manifestement, face au R-UMP, il est bien parti pour gagner…

Si on est jugé à ses amis, on doit forcement être jugé aussi à ses ennemis. Alors vous savez, lorsque l’on voit qui la compose, certaines fois, je ressens beaucoup de plaisir à ne pas faire parti de la coalition R-UMP/UC/PT, car grâce à eux, je dois surement passer pour quelqu’un de bien.

"La sagaïe masquée"