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REUNION D'INFORMATION LE DIMANCHE 20 MAI 2012 A 18H00 AU PAILLOTES DE LA OUENGHI
LES PAROLES S'EN VONT, LES ECRITS RESTENT...
L’histoire ne se répète pas souvent. Mais lorsqu’elle le fait, c’est avec une redoutable efficacité et une parfaite ironie.
Lors de la séance de mercredi dernier qui a vu l’éviction des deux Vice-présidents Calédonie Ensemble de la direction de la Province Sud, le RUMP a utilisé un argument éculé et bien pratique : Sonia Lagarde et Philippe Michel n’avaient qu’à partir d’eux-mêmes. La ficelle est vieille, elle date des années 90. C’est le fameux « un ministre ça ferme sa gueule ou sa démissionne » cher à Chevènement.
Parce qu’ils n’ont pas été élus pour soutenir une coalition qui va du RUMP au Parti Travailliste, parce qu’ils disent non au drapeau du FLNKS comme drapeau du pays, parce qu’ils sont contre la régularisation des squats et parce qu’ils ne sont pas d’accord avec Pierre Frogier et sa politique, alors: ils auraient dû démissionner.
Il est curieux de voir comment les arguments d’aujourd’hui furent conspués hier par ceux-là même qui s’en font désormais les champions.
Le 24 avril 2010, Sonia Backès se voyait accuser par « les infos » de ne pas vouloir démissionner du gouvernement présidé par Philippe Gomès, avec lequel elle ne partageait pas grand chose. Ni une ni deux, l’élue du RUMP réagissait dans une lettre ouverte, diffusée sur son blog personnel.
Voici ce qu’elle disait :
« J'ai été choisie par mon groupe politique, le Rassemblement-UMP, premier parti politique de Nouvelle-Calédonie, pour être membre de ce gouvernement, en charge d'un secteur essentiel[1] »
Les élus Calédonie Ensemble membres du gouvernement, à qui son parti demandait dernièrement de se retirer, ne disent pas autre chose… Une lueur de génie plus tard, l’élue ajoutait :
« Je ne démissionnerai pas tant que je considérerai pouvoir faire avancer les choses dans mon secteur avec le soutien de mon groupe[2] »
On peut se demander pourquoi, à l’époque, et en accord avec sa haute idée de l’action publique, Pierre Frogier ne lui a pas rétorqué « vous auriez dû partir de vous-même si vous aviez eu le courage de vos opinions ! » tout comme il l’a fait en séance publique il y a quelques jours face à Phillipe Michel et à Sonia Lagarde.
D’ailleurs, pour lui répondre, les élus Calédonie Ensemble auraient pu facilement utiliser les mots de Madame Backès. Prononcés il y a un an et demi, et si vite oubliés, ils n’en restent pas moins cruels aux oreilles de ceux qui sont habitués à dire tout et son contraire :
« Aussi, je vous le demande, qui fait la preuve de son incapacité à assumer la complexité et la subtilité de notre système collégial sensé préserver les équilibres ? Qui devrait dès lors démissionner ? Celui qui est agressé ou celui qui agresse?[3] »
S’il est vrai que « sans mémoire le présent se vide » alors, aujourd’hui, le RUMP doit sonner presque creux.
[1].2.3. Sources : http://soniabackes.over-blog.com



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